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Obésité, diabète et maladies du cœur: des spécialistes tirent la sonnette l’alarme

Image associéeDes spécialistes ayant pris part mercredi à une rencontre sur diabète à Tipasa, ont mis en garde contre la hausse progressive des cas d’obésité, de diabète et des maladies du cœur en Algérie.

Les chiffres d’atteinte par le diabète, l’obésité et les maladies du cœur et artérielles sont "effarants" et "préoccupants", et "requièrent une mobilisation de tout un chacun, à commencer par la cellule familiale", ont soutenu les participants à cette rencontre organisée au "village mobile" du diabète, à la veille de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le diabète sous le signe "le diabète concerne chaque famille".

A l’origine de cette situation, les spécialistes présents ont cité la "non adoption d’une bonne hygiène de vie", basée, selon eux, sur quatre axes principaux représentés par une alimentation saine, la non consommation de tabac et d’alcool, et la pratique d’une activité sportive, selon nombre d’études réalisées en la matière, à l’échelle nationale et mondiale.

"Le principal défi posé actuellement est de changer les habitudes et le mode de consommation des citoyens, en les incitant à l’adoption d’un régime alimentaire sain, doublé d’une pratique sportive" a souligné, pour sa part, la sous- directrice des maladies non transmissibles auprès du ministère de la Santé, de la Population et de la Reforme hospitalière, Djamila Nadhir, mettant l’accent sur la "responsabilité partagée" en la matière entre tous les secteurs, la société civile et les familles.


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Selon la responsable, le tabac est un "facteur à risque partagé pour de nombreuses maladies chroniques, dont le diabète, le cancer, les maladies cardiaques, et l’obésité". Elle a cité, à ce propos, une étude algérienne réalisée en 2017 selon laquelle prés de 43% d’Algériens (hommes) consomment du tabac, au moment où la moyenne de consommation des fruits par les algériens ne dépasse pas un fruit/J. Cette moyenne est "très éloignées des normes de l’OMS", préconisant "cinq fruits et légumes /Jour", a-t-elle déploré.

Encore plus, "les algériens consomment une moyenne de cinq millions de baguettes de pain/J, et un quart de la population ne pratique aucune activité sportive", a-t-elle ajoute, estimant que tous ces éléments réunis expliqueraient le surpoids qui, à son tour, est à l’origine du diabète, des cardiopathies et de l’obésité.

Ce constat est corroboré par Berah Abdelkrim, spécialiste en médecine interne au CHU Liamine Debaghine d'Alger, qui a également cite l’obésité comme étant à l’origine de nombreuses maladies, dont celles du diabète et du cœur, signalant un taux de 70% de décès dus à des maladies non contagieuses, dont 50 % à cause de maladies du cœur.

Ce spécialiste a aussi assuré que les études et statistiques de l’OMS et de nombreux autres organismes spécialisés de par le monde mettent en garde contre la prolifération des ces maladies dans de nombreuses régions de la planète. Les "indices enregistrés dans le tiers monde, notamment l’Afrique et l’Afrique du nord, sont inquiétants", a estimé le conférencier.


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Une étude de 2007, consacrée au mode de consommation alimentaire au Maghreb, a classé l’Algérie en tète de liste avec 230 millions de litres de boissons gazeuses consommées, suivie par la Libye avec 200 millions de litres.

Le Pofesseur Berah a particulièrement pointé du doigt les industriels de l’agroalimentaire qui, selon lui, écoulent des produits "pas sains, en termes de composants, en ciblant les enfants, considérés comme une catégorie vulnérable".

Il a souligné, à ce propos, le rôle qui incombe aux organes de presse, dont les medias lourds notamment, dans le "changement des habitudes alimentaires des citoyens, et la diffusion d’une culture alimentaire saine".

Il est impératif, a soutenu ce spécialiste, de consommer des fruits naturels et non en boissons mélangés à des produits chimiques" , plaidant pour le respect de "l’horloge biologique des humains que nous sommes".

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